Kako Nubukpo · Togo · Économie Monétaire, Souveraineté Africaine & Politique du Développement

Créé en 1945, le franc CFA , arrimé à l’euro via le franc français, garanti par le Trésor français en échange du dépôt obligatoire de 50% des réserves de change des pays membres le système a longtemps été défendu par les institutions comme un rempart contre l’inflation et un gage de stabilité. Kako Nubukpo est l’économiste africain qui a eu le courage analytique et institutionnel de dire, chiffres à l’appui : cette stabilité a un coût, et ce coût est payé par les économies africaines elles-mêmes.

1. ORIGINE

    Né en 1968 à Lomé, au Togo, Kako Nubukpo a suivi des études d’économie avant d’obtenir son doctorat à l’Université Lumière Lyon 2. Sa formation est rigoureusement académique économétrie, macroéconomie monétaire, analyse des politiques de développement. Il s’est forgé dans la recherche et sur le terrain, avec la conviction que l’économie doit d’abord répondre aux enjeux réels de l’Afrique.

    2. LA RUPTURE

    Kako Nubukpo rejoint la Commission de l’UEMOA en tant que Chef du pôle Analyse économique et recherche. Au sein de l’institution, il produit des analyses qui remettent en question les fondements du système franc CFA : taux de change fixe bridant les exportations, politique monétaire inadaptée aux cycles africains et transfert de souveraineté vers Paris. En 2015, alors qu’il est ministre au Togo, ses prises de position publiques audacieuses entraînent son départ du gouvernement.

    3. L’ASCENSION

    Kako Nubukpo amplifie son travail. En 2016, il co-dirige l’ouvrage collectif « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire », un manifeste signé par des économistes africains et européens qui devient la référence académique sur le franc CFA. Il est nommé directeur de la Francophonie économique et numérique à l’OIF à Paris la même année, avant d’en être évincé fin 2017 pour ses prises de position. Il rebondit en 2019 en devenant Doyen de la faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG) de l’Université de Lomé.

    4. LA DÉCISION SIGNATURE

    Sa décision la plus importante est éditoriale et analytique. En choisissant de publier ses critiques du franc CFA alors qu’il était ministre en fonction au Togo, il a brisé un tabou, en acceptant d’avance les conséquences politiques. Ce choix a transformé un débat confidentiel en un débat public, documenté et impossible à éluder. Ses prises de position dès 2015 ont directement alimenté la pression intellectuelle qui a conduit, en 2019-2020, à la renégociation des accords de coopération monétaire.

    5. L’HÉRITAGE

    Kako Nubukpo est aujourd’hui l’économiste africain le plus cité dans le débat sur la souveraineté monétaire du continent.
    Son héritage tient en une démonstration : un économiste africain travaillant depuis le continent, avec des données africaines, peut produire une analyse qui force les institutions internationales à répondre. La rigueur est la meilleure forme de souveraineté intellectuelle.

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